ou: parler d’expériences qu’on n’a pas vécues, traduit de l’allemand par ChatGPT – texte original voir plus bas:
Eugen Drewermann cite Friedrich Schiller (dans son livre « Tiefenpsychologie und Exegese, volume II, 1987, page 13) et ajoute un commentaire:
Schiller: Le plan d’études que se donne le « savant pour gagner son pain » est très différent de celui que se trace un esprit philosophique.
Celui qui travaille seulement pour remplir les conditions nécessaires à l’obtention d’un poste et des avantages qui vont avec, celui qui met son intelligence en mouvement uniquement pour améliorer sa situation matérielle et satisfaire une petite vanité — une telle personne, en entrant dans la carrière universitaire, n’aura pas d’autre souci que de séparer soigneusement les sciences qu’il appelle ses « études pour le pain » de toutes les autres, qui ne réjouissent l’esprit que pour lui-même.
Tout élargissement de sa science utilitaire l’inquiète, parce qu’il apporte du travail nouveau ou rend inutile le travail passé. Toute innovation importante l’effraie : elle détruit l’ancienne forme scolaire qu’il avait péniblement apprise et le met en danger de perdre tout le travail de sa vie précédente.
Qui a crié plus fort contre les réformateurs que la foule de ces savants utilitaires ?
Chaque lumière allumée par un génie heureux, dans quelque science que ce soit, rend visible leur pauvreté intellectuelle. Ils se battent avec amertume, ruse et désespoir, parce qu’en défendant le système scolaire, ils défendent en même temps toute leur existence.
C’est pourquoi il n’existe pas d’ennemi plus irréconciliable, pas de collègue plus jaloux, pas de fabricant d’hérétiques plus empressé que le « savant pour le pain ».
Drewermann, qui cite Schiller dans son livre « Tiefenpsychologie und Exegese, Band II, 1987, Seite 13:
Avec ces mots, Friedrich Schiller ouvre en 1789 sa conférence inaugurale sur le thème: « Qu’est-ce que l’histoire universelle, et dans quel but l’étudie-t-on? »
Par cette critique, Schiller avait raison — et il a encore raison aujourd’hui — pour toute forme d’étude, bien au-delà des sciences historiques. En principe, il faut choisir entre deux attitudes:
d’un côté l’étroitesse du monde académique, avec ses postes bien réglés, ses programmes finalisés, ses méthodes figées;
de l’autre côté la liberté de chercher, l’audace pressante, l’amour radical de la vérité propre à la recherche authentique.
Parmi toutes les disciplines académiques, la théologie surtout — consacrée à l’infini — devrait chercher à se libérer de la réduction étroite de ses questions, de la dispersion en réponses partielles isolées, et de la discussion de détails insignifiants tournant autour de la carrière et du gagne-pain.
– Eugen Drewermann (sur fr.wikipedia.org) est LE franc-tireur au sein de l’establishment universitaire de l’Église catholique.
– Eugen Drewermann (on en.wikipedia.org) is THE maverick within the Catholic Church’s academic establishment.
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et voici l’original en allemand:
Das erfahrungslose Sprechen von fremden Erfahrungen – oder: das Brotgelehrtentum:
Anders ist der Studienplan, den sich der Brotgelehrte, anders derjenige, den der philosophische Kopf sich vorzeichnet. Jener, dem es bei seinem Fleiss einzig und alleine darum zu tun ist, die Bedingungen zu erfüllen, unter denen er zu einem Amte fähig und der Vorteile derselben teilhaftig werden kann, der nur darum die Kräfte seines Geistes in Bewegung setzt, um dadurch seinen sinnlichen Zustand zu verbessern und eine kleinliche Ruhmsucht zu befriedigenen – ein solcher wird bei Eintritt in seine akademische Laufbahn keine wichtigere Angelegenheit haben, als die Wissenschaften, die er Brotstudien nennt, von allen übrigen, die den Geist nur als Geist vergnügen, auf das sorgfälstigste abzusondern … Jede Erweiterung seiner Brotwissenschaft beunruhigt ihn, weil sie neue Arbeit zusendet oder die vergangene unnütz macht; jede wichtige Neuerung schreckt ihn auf, denn sie zerbricht die alte Schulform, die er sich so mühsam zu eigen machte, sie setzt ihn in Gefahr, die ganze Arbeit seines vorigen Lebens zu verlieren. Wer hat über Reformatoren mehr geschrien als der Haufen der Brotgelehrten? … Jedes Licht, das durch ein glückliches Genie, in welcher Wissenschaft es sei, angezündet wird, macht ihre Dürftigkeit sichtbar; sie fechten mit Erbitterung, mit Heimtücke, mit Verzweiflung, weil sie bei dem Schulsystem, das sie verteidigen, zugleich für ihr ganzes Dasein fechten. Darum kein unversönlicherer Feind, kein neidischerer Amtsgehilfe, kein bdereitwilligerer Ketzermacher als Brotgelehrte.
(Kommentar von Eugen Drewermann): Mit diesen Worten eröffnet F. Schiller 1789 seine akademische Antrittsrede zu dem Thema: « Was heisst und zu welchem Ende studiert man Universalgeschichte? » Mit seiner Kritik hat Schiller für jede Art von Studium, weit über die historischen Wssenschaften hinaus, bis heute ohne Zweifel recht behalten. Denn prinzipiell gilt es zu wählen zwischen der Enge und Engstirnigkeit des akademisdchen Betriebs mit seinen wohlgeregelten Stellenbesetzungen, seinen abgezweckten Studiengängen, seinen methodischen Erstarrungen und der suchenden Ungebundenheit, dem drängenden Wagemut der rückhaltlosen Wahrheitsliebe echten Forschens und Erkennens. Am meisten aber von allen « akademischen » Disziplinen sollte die Theologie, gewidmet dem Unendlichen, sich von der perspektivenlosen Verendlichung ihrer Fragestellungen, von der Verzettelung in isolierte Teilantworten, von dem Bereden existenzieller Nichtigkeiten im Umkreis von Broterwerb und Karrierefleiss zu befreien suchen.
Eugen Drewermann (auf de.wikipedia.org) ist DER Querdenker im Brot-Gelehrtentum der katholischen Kirche.
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